L’Ozone, un gaz toxique pour l’homme : 3 questions au Dr Souvet

3 Questions au Dr Souvet, Cardiologue, Président de l’ASEF (Association Santé Environnement France).

• Comment agit l’ozone sur le corps et quels sont ses effets sur la santé ?

L’ozone est un gaz irritant qui peut provoquer une inflammation de l’arbre bronchique. Il est souvent responsable d’une irritation du nez, de la gorge, des yeux ; il diminue les fonctions respiratoires, aggrave ou déclenche, en fréquence ou en gravité, des symptômes respiratoires (essoufflement, toux, crise d’asthme ..). Il existe des populations plus sensibles : enfants, personnes âgées, patients atteints de pathologies respiratoires (asthme, bronchite chronique, allergies …).

 

• Est-ce que la durée de ces épisodes de pollution a une importance en terme de conséquences ?

L’exposition à court terme est associée à une augmentation du risque de décès par cause respiratoire (+ 2.9% par +10ppb (selon l’étude Jarett – 2009). Une autre étude a mis en évidence une augmentation du passage aux urgences pour crise d’asthme, surtout chez l’enfant (+8%)1 . L’INVS en 2016 estime à 500 morts par an les décès par cause respiratoire dus à l’ozone. A long terme, nous pouvons constater une augmentation des décès cardiorespiratoires en saison chaude de 1 à 3% (chiffres confirmés pour les décès respiratoires, mais pas de consensus pour les décès cardio). Enfin, L’étude Aphekom réalisée sur 9 villes françaises en 2012 (Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Lille, Rouen, Strasbourg, Le Havre, Bordeaux) estime que le respect de la valeur guide de l’OMS (100 microg/m3) éviterait 69 décès et 62 hospitalisations et qu’une diminution de 5µg/m3 des maxima journaliers sur 8 heures aurait conduit à différer 119 décès et éviter 197 hospitalisations respiratoires.

 

• Quelles sont les mesures de prévention les plus efficaces en cas d’épisode de pollution ?

S’informer de la présence d’un pic de pollution à l’ozone, éviter les efforts et le sport où l’on inhale plus de polluant, privilégier les sorties brèves et éviter les heures d’ensoleillement maximum. Bien prendre son traitement à visée respiratoire et consulter si des symptômes apparaissent.

Sur un plan collectif : réduire les émanations de précurseurs de l’ozone en particulier les oxydes d’azote en réduisant le trafic routier et les émissions industrielles.


D’où vient l’ozone ?

L’ozone est un polluant dit « secondaire », c’est-à-dire qu’il n’est pas rejeté directement dans l’atmosphère (au niveau d’un pot d’échappement ou d’une cheminée) mais il provient de la transformation chimique d’autres polluants : les oxydes d’azote (NOx) et les Composés Organiques Volatils (COV), sous l’action des rayons UV du soleil et en cas de fortes chaleurs C’est donc un polluant « estival » dont les concentrations sont très corrélées à l’ensoleillement et aux températures élevées.